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Les ministres veulent avancer la zone de libre-échange continentale africaine

Les ministres africains des finances, de la planification et du développement économique se sont réunis du 11 au 15 mai à Addis Abeba pour discuter des prochaines étapes de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Le thème officiel de la 51e session de cette conférence ministérielle était « ZLECA et marges de manœuvres budgétaires en faveur de l’emploi et la diversification économique ». À ce jour, 44 pays africains ont signé l’accord créant la ZLECA au Rwanda, le 21 mars 2018. Si le Ghana et le Kenya sont les deux premiers pays à avoir ratifié les documents, le Nigéria et l’Afrique du Sud n’ont pas encore signé l’accord. Ils représentent près du tiers du PIB du continent et plus de 20 % de sa population. La ZLECA deviendra effective lorsqu’au moins 22 pays l’auront ratifiée. Sans les deux géants économiques du continent, l’accord sera néanmoins beaucoup moins puissant. Il existe par ailleurs de nombreux obstacles à la réalisation de la zone de libre-échange continentale, notamment le manque d’infrastructures, le climat d’investissement, les lourdeurs administratives, etc. Dans de nombreux cas, cela revient actuellement plus cher d’exporter des biens à l’intérieur du continent que vers les pays extérieurs. « La ZLECA est une étape majeure qui doit mener sans aucun doute à une Afrique mieux intégrée et moins dépendante des sources extérieures pour son bien-être », a affirmé le ministre de l’économie et des finances du Maroc, Mohamed Boussaid. L’ancien président de la BAD, Donald Kaberuka, a appelé à une forte mobilisation des citoyens africains pour soutenir la réalisation la zone de libre-échange. Cette initiative continentale ambitieuse vise à créer un marché commun régional stimulant le commerce intra-africain pour le faire passer de son niveau actuel, 16 %, à 52 % d’ici 2022. Elle devrait également enclencher la création d’emplois et une diversification de l’économie. Le thème de la conférence rappelle l’importance d’accompagner cette initiative par des mesures fiscales pour soutenir et bénéficier totalement de la ZLECA  tout en renforçant durablement la fiscalité en Afrique. Parmi les autres sujets abordés figurent le rôle de l’agriculture dans la croissance économique, le financement des infrastructures, la lutte contre les flux financiers illégaux et une stratégie intégrée pour le Sahel. Le 5e Rapport sur la gouvernance en Afrique, le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) et le Rapport sur l’état de l’intégration régionale en Afrique 2018 ont été lancés en marge de l’événement.