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Bras-de-fer au Togo

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Le 6 septembre, trois semaines après les rassemblements à Lomé et Sokodé qui ont fait au moins deux morts, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de dix villes du Togo à l’appel de l’opposition. Leur demande : une alternance politique et la mise en œuvre de réformes constitutionnelles promises par le régime limitant les mandats et instaurant un mode de scrutin à deux tours. Cette démonstration de force, qualifiée de « jamais-vu » par le chef de file historique de l’opposition et député de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) Jean-Pierre Fabre, s’inscrit dans une volonté de maintenir la pression sur le gouvernement à la suite de l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de loi de « modification constitutionnelle » ouvrant la voie à un examen par le Parlement. Loin de voir un apaisement, la semaine du 11 septembre a été marquée par une exacerbation des oppositions. Après la suspension la veille d’une session extraordinaire dédiée notamment à l’examen du budget du Parlement – refusée par l’opposition dans le contexte politique de réforme constitutionnelle –, les séances des mercredi 13 et jeudi 14 septembre n’ont pas permis de dénouer la crise, l’opposition dénonçant l’absence de débats à propos des réformes constitutionnelles et appelant à une nouvelle session extraordinaire pour discuter de ce sujet. Le président de la Commission de la CEDEAO, Marcel Alain de Souza, s’est rendu à Lomé pour tenter de dénouer la crise en appelant l’opposition et le gouvernement « à continuer le dialogue et à réaliser ces réformes ». De son côté, l’opposition entend bien poursuivre le bras-de-fer entamé, aussi bien dans la rue que l’enceinte du Parlement, avec le pouvoir. Quant à connaître les suites de ce mouvement, comme le résumait Gilles Yabi, membre du groupe de réflexion Wathi, sur France 24, « Il y a quelque chose qui bouge au Togo, mais il est encore trop tôt pour savoir s’il s’agit d’un tournant historique » ; aussi bien dans la capacité du pouvoir à résister que dans l’émergence de nouveaux leaders d’opposition.