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Burkina Faso : L’attaque de trop !

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Dans cet article publié sur un site Internet burkinabé, Newton Ahmend Barry, président de la Commission électorale nationale, analyse le double attentat du 2 mars à Ouagadougou. « Si nous pensons que le G5 et la France vont nous sortir d’affaire, alors nous nous dévoyons complètement. Aucun peuple n’a été sauvé par un autre », a déclaré Barry. Les attaques ont été organisées en moins de deux semaines, en réponse à une action militaire conjointe dans la région frontalière avec le Mali. Ceci démontre que des acteurs burkinabés sont activement impliqués dans les réseaux djihadistes. « Iyad ne nous envoie plus ses commandos arabes ou touaregs, qui auraient été faciles à détecter dans notre environnement, mais nos propres frères qui ne sont pas faciles à identifier de prime à bord », écrit Barry. Les mouvements djihadistes n’attaquent plus des cibles vulnérables mais frappent au cœur du système de sécurité burkinabè. Ils ont envahi l’état major de l’armée avec un armement plutôt élémentaire (kalachnikovs et cocktails Molotov). Les zones de la région Sahel ont été largement négligées. Le gouvernement a clairement raté l’occasion de développer un contrôle efficace des frontières avec le Mali. La stratégie sécuritaire ne doit pas seulement porter sur la sécurité de la capitale 
(« bunkérisation »). « On ne peut pas se réclamer de Thomas Sankara et pleurer son sort: « Si nous ne sommes pas capable de défendre notre patrie et de la maintenir libre, alors nous méritons que les terroristes nous terrorisent », affirme Barry.