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Burkina Faso, Mali : un début d’année sanglant

Trente-sept personnes peul ont été tuées le 1er janvier 2019 lors d’un raid armé lancé sur le village de Koulogon dans la région de Mopti, au centre du Mali. Selon une déclaration du gouvernement, les attaquants étaient « des hommes armés habillés du vêtement traditionnel des chasseurs dozos ». Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu sur les tombes des victimes. Le gouvernement a fourni une aide alimentaire et un soutien financier pour aider les familles des victimes à reconstruire leur village et les encourager à rester. « Nous sommes venus vous voir et vous dire que l’État malien est à vos côtés, présenter les condoléances de la nation et vous assurer que ce crime ne restera pas impuni », a déclaré le président Keïta. Le gouvernement a ouvert une enquête et l’ONU devrait rédiger un rapport indépendant  pour faire toute la lumière sur ce tragique événement. Un autre affrontement intercommunautaire a eu lieu le jour de l’an dans le village de Yirgou au centre-nord du Burkina Faso. Suite à l’attaque de terroristes, des villageois burkinabè ont attaqué le camp de pasteurs peul avoisinant, accusant ces derniers d’être complices des militants. Selon les données officielles du gouvernement, 49 personnes ont été tuées. Le président Roch Marc Christian Kaboré a présenté ses condoléances et assuré les villageois du soutien total du gouvernement pour garantir leur sécurité. Plusieurs milliers de Burkinabè se sont rassemblés le 12 janvier à Ouagadougou dans une marche silencieuse contre l’impunité et la stigmatisation des communautés. « Mossi, Bobo, Gourounsi, Peul, Senoufo, Gourmatché, etc. Nous sommes Burkinabè d’abord et nous devons préserver le Faso et le défendre », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Selon Hassane Barry, président du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CCISC) récemment créé, les tueries qui ont eu lieu à Yirgou ne sont pas un problème ethnique mais les actes criminels de quelques individus. « Le Burkina Faso n’a pas d’ethnie, le Burkina Faso a des Burkinabè », a-t-il déclaré. Le 31 décembre, le gouvernement du Burkina Faso a déclaré l’état d’urgence dans 14 des 45 provinces. Au cours des trois dernières années, les attaques terroristes ont causé la mort de 270 personnes dans le pays, la capitale, Ouagadougou, ayant été frappée trois fois. La situation générale au Sahel reste fortement instable malgré une importanteprésence militaire.