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G5 Sahel : Le Niger passe la présidence au Burkina Faso

 

Les cinq chefs d’État des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) se sont réunis pour leur 5e sommet, le 5 février, à Ouagadougou, à la suite de plusieurs réunions d’experts et de ministres. La présidence tournante est officiellement passée du Niger au Burkina Faso pour un mandat d’un an. Malgré les efforts pour accélérer l’opérationnalisation de la force militaire conjointe, la situation dans la zone sahélienne reste très instable. Parallèlement à la fréquence des attaques jihadistes, les violences intercommunautaires ont également fragilisé un certain nombre de communautés de la région ; plusieurs centaines d’écoles ont été fermées dans les zones touchées par ces violences. Le financement durable de la force militaire conjointe reste le principal défi. Les pays du G5 Sahel ont toujours du mal à développer un système de financement pérenne pour cette force conjointe. Les dirigeants du G5 Sahel ont appelé à « une coopération plus étroite entre le G5 Sahel et les Nations Unies » et demandé notamment une assistance pour la force conjointe dans le cadre du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies. De nombreuses promesses bilatérales de soutien à la force commune ont été faites. Plus récemment, en janvier dernier, la Chine a annoncé une subvention de 45 millions de dollars US pour soutenir la force commune du G5 Sahel. Le Japon a également promis 23 millions de dollars US. Selon le président sortant du G5 Sahel, Mahamadou Issoufou, les ressources disponibles pour la première année de l’opérationnalisation de la force s’élèvent à 294 millions d’euros, soit 75 % des ressources nécessaires. L’opérationnalisation de la force a cependant été lente. Dans leur communiqué final, les dirigeants du G5 Sahel se sont engagés à rendre la force commune 100 % opérationnelle «dans les meilleurs délais ». Concernant le financement du Programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel (PIP) couvrant la première phase 2019-21, les dirigeants du G5 Sahel ont salué les engagements de financement à hauteur de 2.4 milliards d’euros, pris lors de la conférence de coordination des partenaires qui s’est tenue à Nouakchott en décembre 2018. Ils ont également reconnu l’importance de créer une synergie avec l’Alliance Sahel dont les 12 membres participent au développement et à la stabilisation du Sahel avec des projets représentant 1.3 milliard d’euros. Dans leur communiqué final, les dirigeants du G5 Sahel se sont engagés à suivre les promesses des donateurs liées à la mise en œuvre du PIP. Ils ont également annoncé la création du Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce à Ouagadougou, au Burkina Faso, et à accélérer la mise en place de l’Académie de police régionale à Koundoul, au Tchad. Une étude de faisabilité du projet de chemin de fer du G5 Sahel devrait être conduite et financée sur ressources propres. Le 6e sommet du G5 Sahel se tiendra en février 2020 à Nouakchott, en Mauritanie.