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L’avenir se joue en Afrique, le Maroc l’a compris

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc, dimanche 4 juin, lors du 51e sommet, à Monrovia, au Libéria. Selon un membre de la Commission de la CEDEAO, « Le plus dur est fait. Il reste maintenant le plus compliqué ». En effet, suite à cet accord de principe, le Maroc et la CEDEAO entameront un processus de négociation pour clarifier les aspects juridiques et techniques de cette adhésion qui pose des enjeux significatifs de part et d’autre ; le Maroc n’étant frontalier d’aucun pays membre de la CEDEAO et n’appartenant pas non plus à l’espace ouest-africain, selon la définition de l’Union africaine. Un article publié dans le magazine African Business par le Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO/OCDE), analyse le rôle du Maroc en Afrique de l’Ouest et les enjeux de sa future appartenance à la CEDEAO. Il rappelle les liens forts tissés historiquement entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne à travers le commerce transsaharien et un héritage culturel commun ainsi que le rôle actif joué par le royaume dans les forces de maintien de la paix de l’Union africaine et la lutte contre le jihadisme. Cependant, la démarche marocaine marque avant tout la poursuite de sa projection économique en Afrique. Le Maroc a fait très tôt le choix d’investir en Afrique, notamment dans des grands projets d’infrastructure tels que le gazoduc Maroc-Nigéria, et est devenu le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le second en Afrique. La stratégie marocaine s’inscrit dans une vision à long terme reconnaissant la place de l’Afrique en tant que « nouveau pôle mondial de croissance ». Mieux que ne le font les accords de coopération et d’échanges, l’adhésion à la CEDEAO offrira aux entreprises marocaines un accès direct à un marché de 350 millions de consommateurs, au PIB régional de 1 500 milliards de dollars (en PPA). En tant que membre de la CEDEAO, le Maroc fera partie d’une zone de libre-échange dotée d’un tarif extérieur commun. Il sera membre d’une zone de libre circulation des personnes disposant d’un passeport communautaire qui garantit à tous les citoyens de la Communauté le droit de voyager sans visa et des droits de résidence. L’économie marocaine attirera sans doute un grand nombre d’Africains subsahariens à la recherche d’opportunités. Le Maroc est-il réellement prêt à ouvrir ses portes aux populations et aux produits de l’Afrique de l’Ouest ?

 

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