Title: 

Le processus d’Alger progresse péniblement, la paix n’avance pas

Opinion: 

L’attaque du poste militaire malien qui s’est produite le 5 mars à Boulikessi, à la frontière entre le Burkina Faso et le Mali, n’est pas une surprise pour ceux qui connaissent cette zone. Le processus d’Alger, focalisé sur le nord du pays, offre peu de réponses à l’instabilité qui grandit dans le centre du Mali et qui s’étend vers le Burkina Faso. Le plan spécial du gouvernement malien pour le centre du pays, récemment envisagé, n’a toujours pas vu le jour. Celui-ci devrait associer le voisin burkinabé, chez qui déborde la crise malienne et qui présente des facteurs d’instabilité comparables à ceux du Mali et des autres pays sahéliens, tels que la défiance vis-à-vis de l’État dans les zones délaissées, la déception sociale de leurs habitants et la montée des groupes armés de diverses natures. Ces causes profondes de la crise, communes à tous les pays du Sahel, sont déterminantes dans la recherche de solutions durables aux niveaux national et régional, y compris sur le plan militaire. La future force régionale du G5 Sahel, dont la création a été annoncée en février, devra par exemple contribuer à rétablir des liens de confiance avec les populations locales pour mener à bien sa mission. Ces réponses sécuritaires ne pourront pas fonctionner si elles ne s’accompagnent pas d’un réinvestissement des espaces négligés par les pouvoirs publics, notamment par le développement de services aux populations. À cet égard, les difficultés de l’Accord d’Alger à progresser et à produire des résultats dans le nord du pays montrent qu’il est nécessaire d’envisager un amendement plus productif de l’accord.

 

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