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Le RPCA appelle à l’action face à la Situation pastorale très critique

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Le Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) a organisé, du 21 au 23 février à Niamey, une consultation régionale sur la situation pastorale critique au Sahel. La production de fourrage est considérablement moins élevée que la moyenne des cinq dernières années, particulièrement en Mauritanie (déficit de 95 %) et au Sénégal (déficit de 80 %). Ceci entraîne une transhumance transfrontalière précoce et des risques de conflit dans les pays d’accueil. Réunissant les six pays sahéliens, les principaux pays côtiers et les partenaires au développement, les membres du Réseau ont délivré plusieurs recommandations à l’intention des décideurs sur la manière d’aborder cette crise. La réunion était présidée par le ministre nigérien de l’agriculture et de l’élevage et facilitée par le Hub Rural et le Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO/OCDE). L’analyse a confirmé le départ précoce des bergers et de leurs troupeaux. Le déplacement des animaux s’effectue à l’intérieur des pays sahéliens, des pays sahéliens vers les pays côtiers et à l’intérieur des pays côtiers. Le Sénégal, par exemple, connaît une entrée massive de troupeaux mauritaniens depuis septembre 2017. Le Burkina Faso accueille 150 000 animaux provenant du Mali et du Niger. Le Bénin a enregistré 465 troupeaux provenant des pays sahéliens, dont 33 000 bovins en janvier. Cette situation a un impact négatif sur la production agricole des pays d’accueil et augmente le risque de conflits entre les agriculteurs sédentaires et les agro-pasteurs transhumants. Si des plans de réponse ont été élaborés dans pratiquement tous les pays concernés, le manque de financement est estimé à 75 %. De plus, les discussions ont mis en évidence l’insuffisance des plans de réponse des pays sahéliens qui ne prennent pas assez en compte les besoins de transhumance transfrontalière. Les pays côtiers (i.e. Bénin, Côte d’Ivoire et Togo) pour leur part anticipent mieux l’importance des flux de bétail saisonniers qui arrivent dans leurs pays, ce qui permet de meilleures conditions d’accueil et une prévention des conflits. Certains pays prennent des mesures protectionnistes, défiant ainsi le Protocole de libre circulation des biens et de personnes de la CEDEAO. L’État de Benue au Nigéria a par exemple fermé ses frontières pour empêcher les mouvements de transhumance. La CEDEAO tiendra une réunion extraordinaire du comité ministériel, du 27 au 29 mars, à Abuja, afin d’aborder les questions sécuritaires liées au pastoralisme transhumant.