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Title: 

Repenser le développement en Afrique

Opinion: 
SWAC: 
Ibrahim Mayaki, président-directeur général de l’AUDA-NEPAD et président honoraire du CSAO, a partagé sa vision des principales problématiques qui sous-tendent les débats sur le développement de l’Afrique lors de la conférence « Repenser le développement en Afrique » qui s’est tenue le 27 septembre 2019 à l’Université Columbia de New York. « Le développement signifie la libération des potentiels et des énergies à partir de la base », a-t-il tweeté à ses 28 500 abonnés. Après avoir expliqué les principales transitions qui transforment actuellement le continent africain (démographique, technologique, systèmes naturels, changement climatique, systèmes de gouvernance,  développement humain), M. Mayaki s’est concentré sur les questions de gouvernance. « Je suis convaincu du fait que les gouvernements africains actuels n’ont pas le pouvoir de changer les sociétés. Ils pensent avoir du pouvoir mais en réalité, ils n’ont pas le pouvoir de changer quoi que ce soit », a déclaré M. Mayaki. Près de 75 % de la population africaine a moins de 25 ans. Il y a une coupure naturelle et une incapacité à répondre de manière adéquate aux défis auxquels fait face le continent. « La meilleure manière d’inclure la jeunesse dans le cadre du développement de l’Afrique, l’Agenda 2063, est de la laisser prendre part à sa conception et à sa mise en œuvre », a-t-il déclaré. Concernant l’incertitude présente au niveau mondial, il a souligné les limites du système de coopération multilatérale. « L’aide va disparaître dans les dix prochaines années. Elle est déjà en train de disparaître et lorsqu’elle ne disparaît pas, elle est transformée en soutien militaire, comme dans la région sahélienne. La plupart de l’aide publique au développement est désormais liée à des objectifs militaires », a ajouté M. Mayaki. Pour conclure, il a appelé à un changement de paradigme pour développer de nouvelles formes de gouvernance permettant de « co-produire des politiques publiques » tout en reconnaissant l’importance fondamentale de la participation de la jeunesse, la nécessité de remplacer l’aide par les échanges commerciaux, de développer des solutions régionales pour les enjeux nationaux et de renforcer les marchés régionaux et nationaux. « Repenser le développement signifie également réfléchir sur ce que signifie la justice », a-t-il conclu.